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Les Indes. Lézenn

“Les Indes. Lézenn”, pag. 164

Édouard Glissant

Ville. Je te regarde par-dessus l'épaisse agrégation de la folie et de la vie, en ces trois fois cent ans.
Tu es ville à nouveau pour le regard du veuf, après la noce d'aventure!
Il n'est que champs de blé mouvant où furent les prairies de l'ouragan hélas
Il n'est que pleur d'usine et batterie de la douleur où se levèrent les héros.
Voilà, un peuple ici, sa foi est de nommer chaque ferment et chaque épi
Et ton peuple, non-paré pour le départ de solennels marins,
À midi, lorsque la mer bénit la foule -
Mais éprouvant cette douceur et conaissant cette douleur aux batteries des rues.